À la rentrée, j’ai fait ce que font beaucoup de dirigeants. Je me suis installé dans mon canapé, j’ai ouvert l’espace publicitaire de ChatGPT et j’ai lancé une campagne pour AttrapTemps. Seul, sans rien demander à personne.
Je voulais voir. Et je voulais le voir avec les yeux d’un patron pressé, celui qui pense pouvoir s’en charger lui-même.
L’idée de départ tenait la route. Viser ceux qui demandent à ChatGPT comment préparer leur communication, repartent avec une longue liste de choses à faire, et se disent qu’un peu d’aide ne serait pas de refus.
La plateforme impose 15 € par jour au minimum. J’ai programmé trois jours, du mercredi au samedi matin. Résultat : 48 € dépensés, 1 878 affichages, 54 clics. Près de 3 % des gens qui ont vu l’annonce ont cliqué, pour environ 0,90 € le clic.
Ensuite, Mélanie, notre responsable e-marketing, m’a montré tout ce que j’avais raté.
Trois jours, c’est trop court. Une plateforme publicitaire a besoin d’environ quatre jours pour apprendre à qui montrer l’annonce. Il en fallait sept au minimum. Ma campagne s’est arrêtée avant d’avoir appris quoi que ce soit.
Je n’avais installé aucun suivi des conversions. J’ai payé 54 clics sans savoir ce que ces visiteurs ont fait une fois sur le site.
Et je n’ai pas vraiment pu suivre ma campagne. L’interface était encore en version bêta : une fois sur deux, ma campagne n’apparaissait même pas à l’écran. La facturation, elle, fonctionnait parfaitement. (Il y a des priorités.)
Ce test ne dit donc pas grand-chose de la publicité sur ChatGPT. Il dit surtout ce que donne une campagne lancée seul, sans méthode.
Il rappelle aussi une distinction qui date des débuts de la publicité sur Google. Le référencement construit une présence qui dure. La publicité achète une visibilité plus rapide, au plus offrant. L’une ne remplace pas l’autre : les deux se travaillent ensemble, parce qu’elles se renforcent. Et une campagne sert d’abord à se faire voir ; transformer un visiteur en client est un autre exercice.
Alors, faut-il y aller ? Pas à l’aveugle. Le service était encore en bêta à la rentrée, et nous le suivons de près. Il y aura toujours une prime aux early adopters, et il y a fort à parier que ça va devenir une vraie source de trafic et de ventes.
Et je suis au regret de vous l’annoncer : chaque nouveau support qui sort ne fait qu’augmenter le budget nécessaire pour exister en tant que marque. Les anciens ne disparaissent pas. Il va falloir faire des choix, et nous sommes là pour vous aider.
Pour ma part, la leçon m’a coûté 48 €. Le clic n’était pas cher. C’est l’improvisation qui coûte.